Douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées et/ou constipation… Tels sont les symptômes du syndrome du côlon irritable (SCI). Si ces troubles gastro-intestinaux sont en général inoffensifs, ils peuvent sérieusement altérer la qualité de vie des personnes intéressées. Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur le syndrome du côlon irritable dans notre fiche conseils.

 

Syndrome du côlon irritable – qu’est-ce que c’est ?

Le syndrome du côlon irritable est un trouble fonctionnel de l'intestin qui se traduit par différents symptômes. D’après la Société Royale Belge de Gastro-Entérologie, le Syndrome du Côlon Irritable (SCI), se reconnaît aux signes suivants :

  • les symptômes sont chroniques (durent plus de trois mois) et s’accompagnent d’une altération des selles ;
  • ils affectent la qualité de vie ;
  • les troubles intestinaux ne sont imputables à aucune autre affection pathologique.

 

Symptômes du syndrome du côlon irritable

Les symptômes d’une colopathie fonctionnelle peuvent varier énormément. Leur degré de sévérité diffère également selon les sujets. Des troubles du transit se manifestent souvent, mais pas chez tous les patients. Les symptômes suivants sont en principe possibles :

  • constipation (selles dures, en général pas plus de trois fois par semaine) ;
  • diarrhée (selles molles à liquides, souvent trois fois par jour ou plus) ;
  • ballonnements ;
  • douleurs abdominales (lancinantes, sourdes, crampes ou comme un point de côté) ;
  • ventre gonflé ;
  • nausées.

 

On peut distinguer quatre types différents :

  • constipation ;
  • douleurs ;
  • diarrhée ;
  • ballonnements.

Bien entendu, ces types peuvent se combiner. Bien souvent, plusieurs symptômes sont associés. Des lourdeurs d’estomac peuvent également se manifester, même sans ingestion préalable de nourriture. Les personnes affectées ont quelquefois l’impression que les intestins ne se vident pas correctement, même si les symptômes s’améliorent généralement après la défécation. La présence de mucus dans les selles n’est pas rare.

Un côlon irritable n’est généralement pas dangereux et n’entraîne pas non plus d’effets secondaires. Cependant il peut avoir de graves répercussions sur le quotidien des personnes affectées. Le syndrome du côlon irritable peut même affecter le psychisme. Les symptômes suivants sont également possibles :

  • maux de tête ;
  • migraines ;
  • douleurs dans le bas-ventre avant et pendant les règles ;
  • maladies mentales comme la dépression et les troubles anxieux ;
  • fatigue ;
  • épuisement.

 

À partir de quand ne parle-t-on plus de syndrome du côlon irritable ?

Cependant, ces symptômes peuvent intervenir suite à une autre affection, comme par exemple la maladie de Crohn ou une rectocolite hémorragique. Les tumeurs et les intolérances alimentaires peuvent également entraîner des troubles du tractus digestif. Les symptômes suivants ne peuvent en aucun cas être dus au syndrome de l’intestin irritable : fièvre, présence de sang dans les selles, perte de poids marquée et diarrhée chronique.

 

Les causes du syndrome du côlon irritable

Les causes du syndrome du côlon irritable restent obscures. Différents facteurs peuvent déclencher ou accentuer les symptômes :

  • perturbation de l'activité intestinale
  • stress
  • troubles psychologiques (p. ex. dépression ou troubles anxieux)
  • prédisposition héréditaire
  • infections
  • modification de la flore intestinale
  • inflammation ou hypersensibilité de la muqueuse intestinale
  • intolérances alimentaires
  • dysfonctionnement des muscles des intestins

Le syndrome du côlon irritable peut également avoir une origine psychosomatique. Les problèmes psychologiques se traduisent alors par des symptômes physiques.

 

Comment diagnostique-t-on le syndrome du côlon irritable ?

Pour diagnostiquer le syndrome du côlon irritable, on procède généralement par élimination. Le médecin doit d’abord exclure l’éventualité d’une autre affection. Il doit d’abord faire une anamnèse, s’entretenir avec le patient, ce qui lui permet de se faire une meilleure idée des symptômes. Il peut ausculter l’estomac, le palper et le tapoter. Parfois, le médecin procède aussi à un examen rectal.

L’échographie n’est pas utilisée pour diagnostiquer le syndrome du côlon irritable directement, mais elle permet le cas échéant d’éliminer d’autres affections. Une coloscopie par un gastro-entérologue peut fournir des informations sur l’état du tractus digestif. Un examen du sang et/ou des selles peut révéler d'éventuelles infections, inflammations ou intolérances. Dans ce dernier cas, on peut recourir à un test respiratoire à l'hydrogène, par exemple en cas de suspicion de maladie cœliaque. 

Ce n’est que lorsque d’autres affections ont été exclues que le médecin peut diagnostiquer le syndrome du côlon irritable.

 

Traitement du syndrome du côlon irritable

Malheureusement, il n’existe pas une manière unique de traiter le syndrome du côlon irritable. La thérapie dépend du profil du sujet et du tableau symptomatique. Il est recommandé aux patients de tenir un journal de bord, dans lequel ils notent la fréquence, l’intensité, la durée et le type de symptômes ainsi que les habitudes alimentaires et tout autre fait notable, par exemple le stress au travail. Cela permet en effet d’identifier des facteurs aggravants, voire déclenchants, qu’il est possible d’éliminer ou au moins de restreindre.

 

Médicaments pour le syndrome du côlon irritable

En cas de troubles sévères, le médecin peut prescrire des médicaments qui diminuent les douleurs abdominales et ont un effet antispasmodique, lient l'acide biliaire en cas de diarrhée ou fixent l'eau en cas de constipation. Le type d’actif dépend des symptômes.

Les laxatifs peuvent être utiles en cas de constipation. Cependant, il ne doivent être pris qu’après avoir consulté un médecin ou un pharmacien. Ces remèdes ne sont pas destinés à être pris sur le long terme. Ils finissent par irriter davantage le tractus digestif et peuvent entraîner des effets secondaires.

 

Remèdes à base de plantes pour le côlon irritable

Certaines plantes médicinales peuvent atténuer les symptômes du syndrome du côlon irritable, parmi lesquelles :

  • Anis : douleur abdominale
  • Carvi : lourdeurs d’estomac et flatulences
  • Menthe poivrée (sous forme d’huile) : ballonnements et crampes
  • Fenouil : ballonnements, crampes et lourdeurs d’estomac
  • Camomille : Ballonnements et crampes d’estomac

 

Remèdes homéopathiques pour le syndrome du côlon irritable

On peut également  recourir à des remèdes homéopathiques pour traiter le syndrome du côlon irritable : par exemple Nux vomica, Argentum nitricum ou Asa foetida. Toutefois leur efficacité n’a pas encore été démontrée. De plus, les remèdes homéopathiques dépendent toujours du patient et de ses symptômes. C’est pourquoi il est recommandé de toujours consulter un homéopathe.

 

Remèdes maison pour le syndrome du côlon irritable

Outre les plantes médicinales, d’autres remèdes maison peuvent être utilisés contre le syndrome du côlon irritable. Les infusions réchauffent et peuvent apporter du soulagement en cas d’irritation du tractus digestif grâce à leurs vertus apaisantes. L’argile est un remède maison également apprécié. Elle est souvent utilisée pour régénérer les intestins, car elle lie les substances nocives et élimine les radicaux libres.

Les probiotiques peuvent également  favoriser une flore intestinale saine. Il s’agit de micro-organismes vivants tels que les bactéries lactiques, qui peuvent réparer les parties de l’intestin endommagées en se fixant sur la paroi intestinale. On les retrouve notamment dans les yaourts. Cependant, leur action est généralement insuffisante et chez beaucoup de patients, les produits laitiers aggravent les symptômes. Il existe divers produits probiotiques plus adaptés. Toutefois il convient de consulter un médecin ou un pharmacien avant la prise.

 

Alimentation en cas de syndrome du côlon irritable

Il n’existe pas de régime alimentaire spécifique qui éliminerait les symptômes ou les atténuerait. Bien entendu il reste essentiel de manger équilibré en général. Si certaines personnes constatent une amélioration après avoir éliminé les légumineuses, les épices, les produits contenant du gluten ou les aliments gras de leur alimentation, d’autres ne remarquent aucune différence. De même, la consommation de produits laitiers ne posera aucun problème chez certaines personnes tandis qu’elle se traduira par une aggravation chez d’autres. Un journal de bord peut s’avérer utile ici aussi pour savoir si certains aliment doivent être évités, et lesquels.

En cas de diarrhée, il peut être utile d’ingérer moins de fibres et de produits laitiers. Les carottes, les pommes râpées ou même l’argile peuvent apporter du soulagement. En cas de constipation, l’association de fibres et de liquides dans l’alimentation peut être efficace. Le psyllium et les graines de lin, notamment, sont particulièrement indiqués. On peut recourir aussi aux probiotiques pour rétablir l’équilibre de la flore intestinale. Cependant, les résultats sont variables. En matière d’alimentation, il est recommandé :

  • de manger lentement ;
  • d’éviter les repas trop copieux le soir ;
  • de boire suffisamment ;
  • de manger beaucoup de fruits et de légumes frais ;
  • d’éviter dans la mesure du possible les produits à base de farine blanche, l'alcool, les agrumes, les sucreries, les aliments épicés et gras, le café, les plats préparés et la nourriture de fast-food.

 

 

Quelle est l’efficacité du régime FODMAP ?

Le régime FODMAP peut s’avérer bénéfique dans certains cas. FODMAP signifie « Fermentable Oligo-, Di-, Mono-saccharides And Polyols » (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles). Il s’agit de glucides à chaîne courte et d’alcools de sucre. Qu’il s'agisse des céréales, des légumes, des légumineuses, des fruits ou des produits laitiers, tous les groupes d’aliments contiennent des aliments riches et pauvres en FODMAP. Le régime FODMAP privilégie ces derniers. Cependant, il lui est souvent reproché de donner lieu à des carences. Il est par conséquent recommandé de ne la suivre que de manière temporaire. Il convient de consulter un médecin et, le cas échéant, un nutritionniste avant et pendant le régime.

 

Relaxation et activité physique en cas de SCI

Les exercices de relaxation peuvent également être très efficaces. De fait, le stress aggrave souvent les symptômes et, chez de nombreux sujets, c’est même le seul déclencheur. Il est donc recommandé de réduire le stress. Le yoga, le training autogène, le tai chi, la relaxation musculaire progressive, la méditation ou le chi gong sont d’excellentes méthodes de relaxation.

L’activité physique n’est jamais mauvaise. Cela permet en effet de remettre en route les intestins. Des massages doux et la chaleur (p. ex. par l’application d'une bouillotte) peuvent être efficaces en cas de douleurs abdominales.