Dépression : symptômes et traitement

Aperçu
Abattement, absence de joie et épuisement : la dépression touche l’être humain depuis toujours. Il s’agit d’une maladie psychique à prendre au sérieux, qui ne disparaît pas d’elle-même sans un traitement adapté. Ses symptômes et ses causes peuvent être multiples. Retrouvez ici l’essentiel sur le sujet.
Qu’est-ce qu’une dépression ?
La frustration, la tristesse, l’épuisement et l’abattement sont des sentiments que chacun connaît. Durant certaines périodes de vie, plus rien ne procure de joie et l’on manque d’élan. Mais il ne s’agit généralement que de phases passagères. En revanche, si l’humeur dépressive persiste pendant une période prolongée et qu’aucune distraction ni tentative de retrouver le moral n’apporte d’amélioration, il peut s’agir d’une dépression.
Une dépression est une maladie psychique qui affecte fortement les personnes dans leur vie quotidienne. Elle influence négativement la pensée, les actes et les émotions. Il ne s’agit pas uniquement d’une souffrance psychique : la dépression peut aussi avoir des répercussions sur certaines fonctions corporelles. Toutefois, si elle est diagnostiquée à temps, la dépression se traite très bien.
La dépression fait partie des maladies psychiques les plus fréquentes. Elle peut prendre de nombreuses formes et toucher tout individu. On estime qu’une personne sur cinq développe une dépression au cours de sa vie. Les femmes sont environ deux fois plus souvent touchées que les hommes. Parmi les causes possibles figurent les fluctuations hormonales liées à la ménopause ou qui surviennent après une grossesse (dépression post-partum/dépression puerpérale).
Formes de dépression
Il existe différentes formes de dépression. Parmi elles :
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- Dépression saisonnière : certaines personnes ne souffrent de dépression qu’en hiver, par exemple. On parle alors de dépression hivernale.
- Trouble bipolaire : le trouble bipolaire est une maladie maniaco-dépressive avec laquelle une phase dépressive peut être suivie d’une période d’euphorie. La personne touchée se sent particulièrement performante et déborde d’énergie. Une nouvelle phase dépressive survient ensuite.
- Dysthymie : une forme chronique de symptômes dépressifs qui persiste pendant au moins deux ans. Les symptômes sont généralement moins prononcés.
La définition de la dépression a évolué. On distingue aujourd’hui, selon la gravité et l’évolution de la maladie, des formes légères, modérées et sévères. La classification reposait autrefois sur les causes supposées :
- Dépression endogène : aucune cause organique ni aucun facteur déclencheur identifiable
- Dépression exogène ou dépression réactionnelle : un facteur déclencheur concret est identifiable. Les symptômes peuvent disparaître définitivement après un traitement efficace, mais aussi réapparaître. Environ un tiers des personnes concernées souffrent d’une dépression récurrente, c’est-à-dire d’une dépression récidivante. Les phases peuvent être espacées de plusieurs mois, voire de plusieurs années.
La dépression peut également apparaître conjointement avec d’autres maladies, aussi bien psychiques que physiques, telles que les addictions, les troubles alimentaires, les troubles paniques, la démence, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires.
Quels sont les symptômes de la dépression ?
La dépression varie non seulement par sa forme, mais aussi par son intensité et ses symptômes. On distingue ainsi la dépression légère, modérée ou sévère. La classification dépend des symptômes existants et de leur intensité. Une dépression comporte 3 symptômes principaux. Parmi eux :
- Abattement : l’individu touché souffre d’une humeur dépressive persistante. Le sentiment d’abattement peut aller jusqu’au désespoir et à la détresse.
- Manque d’élan : les personnes dépressives se sentent épuisées mentalement et physiquement – les tâches quotidiennes elles-mêmes leur sont difficiles, voire impossibles à accomplir. Il n’est pas rare qu’elles restent donc couchées toute la journée.
- Perte d’intérêt : une personne qui souffre de dépression ressent un profond vide et perd tout intérêt, y compris pour ce qui lui procurait auparavant de la joie.
Mais les personnes dépressives ne sont pas seulement abattues, sans joie et sans élan. D’autres signes peuvent s’ajouter. Les symptômes secondaires d’une dépression peuvent notamment inclure :
- Sentiment de culpabilité
- Perte d’appétit
- Troubles du sommeil
- Difficultés de concentration
- Forts doutes sur soi
- Faible estime de soi
- Forte agitation
- Douleurs (par exemple maux de tête, douleurs dans les membres et douleurs dorsales)
- Baisse de la libido
- Idées suicidaires
Les individus touchés peuvent également présenter des symptômes anxieux ou souffrir d’un trouble anxieux, auquel s’ajoutent parfois des crises de panique.
Quelles sont les causes potentielles de la dépression ?
On ne sait pas encore précisément comment se développe une dépression. Il existe plusieurs causes, qui agissent le plus souvent ensemble. Des facteurs psychosociaux et neurobiologiques interviennent ainsi dans l’apparition d’une dépression.
- Chez les personnes concernées, le métabolisme des neurotransmetteurs dans le cerveau est perturbé. On constate ainsi généralement un manque de neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Ce manque est une cause possible de la dépression, mais aussi une conséquence de la maladie. Il en va de même pour le dérèglement des hormones du stress, parmi lesquelles figurent la noradrénaline, l’adrénaline et le cortisol. Chez les personnes dépressives, on constate souvent un taux élevé de cortisol.
- Des études sur les jumeaux ont montré que la prédisposition génétique joue un rôle dans l’apparition de la dépression. Les personnes dont un proche souffre de dépression sont ainsi plus souvent touchées.
- De même, des conditions de vie difficiles et des événements éprouvants peuvent être à l’origine d’une dépression, notamment le stress, le burn-out, la perte d’un emploi, la mort d’un être cher ou un chagrin d’amour.
- D’autres maladies peuvent également constituer un facteur déclencheur. Il peut s’agir de maladies physiques, comme le cancer ou l’hypothyroïdie, mais aussi de maladies psychiques, telles que les troubles anxieux, les troubles de la personnalité ou l’alcoolisme.
- Le développement d’une dépression et l’intensité de celle-ci peuvent également dépendre de la personnalité du patient. Parmi les facteurs déterminants figurent notamment la manière de faire face aux situations difficiles et au stress, l’attitude et les aptitudes sociales de la personne touchée (plutôt ouverte et active ou plutôt réservée et passive).
- Ces facteurs psychosociaux et neurobiologiques se combinent souvent. La dépression ne peut donc pas être attribuée à un seul de ces facteurs.
Les expériences passées peuvent elles aussi favoriser une dépression. Les personnes ayant subi des violences ou des abus durant leur enfance souffrent par exemple plus souvent de dépression.
Comment reconnaître une dépression ?
La diversité des symptômes et des formes de dépression rend souvent son identification difficile. Il arrive aussi que les problèmes physiques passent au premier plan : les troubles psychiques ne sont alors repérés qu’après l’exclusion de toute cause organique. De nombreuses personnes n’osent pas non plus évoquer ouvertement leurs difficultés, ce qui complique nettement le diagnostic.
Il existe sur Internet plusieurs tests, tels que le test de Goldberg, qui peuvent fournir un indice de dépression. Ces autotests ne permettent toutefois pas de poser un diagnostic précis ; en cas de symptômes, on consultera donc toujours un médecin. Si les symptômes affectent fortement le patient et/ou persistent pendant une période prolongée, il sera recommandé de consulter un médecin ou un psychologue. En cas d’idées suicidaires, on demandera de l’aide immédiatement.
Comment la dépression est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic commence par une anamnèse (entretien avec le patient). Un examen physique peut également être réalisé afin d’exclure certaines maladies. Il peut notamment comprendre des analyses sanguines et, éventuellement, une échographie de la thyroïde.
Il existe, pour diagnostiquer une dépression, certains questionnaires et recommandations qui en définissent les critères. Au moins 2 symptômes principaux et 2 symptômes secondaires doivent être présents pour que la maladie puisse être qualifiée de dépression. Ils doivent en outre persister pendant au moins 2 semaines. Le nombre de symptômes et leur intensité déterminent la gravité de la dépression ainsi que son traitement.
Pour déterminer la gravité de la dépression, il est possible de recourir à un test psychologique. Dans l’inventaire de dépression de Beck, ou BDI, le patient reçoit un questionnaire à remplir en cochant des réponses. Le questionnaire évalue, au moyen de 21 catégories, l’état du patient au cours des dernières semaines et permet ainsi d’en déterminer l’intensité. Le diagnostic repose sur des critères reconnus à l’échelle internationale.
Comment traiter la dépression ?
Le traitement dépend à la fois de l’intensité et des symptômes de la dépression, ainsi que de la présence éventuelle d’autres maladies. Si une personne souffre par exemple de dépression et d’un trouble anxieux ou alimentaire, les deux maladies doivent être traitées.
Il existe différentes méthodes pour faire face à la dépression : d’une part, différentes thérapies et, d’autre part, plusieurs médicaments. Dans de nombreux cas, on associe les deux méthodes. Les dépressions sévères sont toujours traitées par des médicaments et des thérapies, parfois en hospitalisation. Les antidépresseurs sont utilisés plus rarement dans les formes légères.
Médicaments contre la dépression
Il existe différents antidépresseurs, qui agissent de différentes manières sur l’équilibre des neurotransmetteurs dans le cerveau. Plusieurs semaines peuvent s’écouler avant que cela fasse effet. Les médicaments ne sont pas efficaces chez tous les individus. Des effets secondaires indésirables peuvent en outre survenir, en particulier avec les médicaments les plus anciens.
En règle générale, les médicaments sur ordonnance contre la dépression ne sont pris que pendant une période déterminée. Ils ne doivent toutefois être interrompus ni brutalement ni de la propre initiative du patient, car cela peut entraîner une rechute.
Certaines données indiquent que le millepertuis peut avoir un effet positif lors d’épisodes dépressifs légers. Bien qu’il soit en vente libre, il convient toutefois de demander conseil à un médecin avant toute prise. Le millepertuis peut entraîner des effets secondaires ainsi que des interactions avec d’autres médicaments.
L’homéopathie propose également différents remèdes. À ce jour, aucune efficacité scientifiquement convaincante des médicaments homéopathiques n’a toutefois été démontrée dans la dépression. Ceux-ci ne remplacent pas un traitement conforme aux recommandations.

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- Le plus souvent, on recourt aux thérapies cognitivo-comportementales. Dans ce cadre, le thérapeute aide le patient à modifier ses agissements ainsi qu'à déconstruire ses schémas de pensée et ses comportements dépressifs pour les remplacer par des éléments positifs.
- Dans certains cas, une psychanalyse classique ou une psychothérapie d’inspiration psychanalytique sont plus adaptées. Celles-ci permettent de travailler sur les expériences négatives qui n’ont pas été assimilées et qui peuvent constituer des facteurs déclencheurs.
- Certaines approches thérapeutiques supplémentaires peuvent parfois être utiles ou apporter un soutien complémentaire, comme l’art-thérapie ou la thérapie familiale. Les proches d’une personne dépressive peuvent également être associés à la thérapie. Ils peuvent par ailleurs faire appel à un soutien, par exemple au sein de groupes d’entraide.Mesures thérapeutiques en cas de dépression
Différentes thérapies peuvent en outre être utiles en cas de dépression.
Quelle que soit la thérapie utilisée, son efficacité et sa durée dépendent notamment de la gravité de la dépression, du moment où elle commence, mais aussi de l’implication du patient et de sa relation avec le thérapeute.
Mesures d’autosoins en complément du traitement de la dépression
En complément du traitement de la dépression, la méditation, l’entraînement à la pleine conscience, les exercices de relaxation, la musique et les massages peuvent procurer un véritable soutien. Une alimentation saine et, en particulier, le sport peuvent également contribuer à soulager les symptômes. De manière générale, plus une personne demande de l’aide tôt, meilleures sont ses chances de guérison.
Les offres thérapeutiques numériques peuvent compléter le traitement. Le choix des applications recommandées revient au médecin qui assure le suivi.
De nouvelles approches thérapeutiques qui utilisent la psilocybine sont actuellement étudiées dans le cadre d’essais cliniques sur la dépression sévère résistante aux traitements. Ces méthodes en sont encore au stade de la recherche et ne sont pas prises en charge.
Publié le : 09.10.2023
Dernière mise à jour : 02.10.2026
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